samedi 13 décembre 2014

L'est pas dégueu

Ni même lasse, la mémère que j'avais un peu teasé ici. Bon OK, c’était pas facile, on n'en voyait qu'un tout ptit bout (de plus de 2 mètres quand même)...


C'est une dégauchisseuse UTIS modèle D40, malheureusement incomplète, il lui manque son guide, le protecteur d'arbre, les manivelles pour la levée / descente des tables ainsi qu'un moteur. Elle est malgré tout très jolie avec ses lignes courbes d'inspiration art déco.

J'ai été la chercher en fond de vallée, comme quoi on peut quand même y trouver des bonnes choses... Un menuisier l'avait récupéré chez son patron, sans jamais pouvoir en finir la restauration, faute de temps. La place manquant dans son garage, il devait s'en débarrasser, et c'est là que j'interviens pour la sauver de la casse.

Je suis allé chez lui pour la fixer sur une palette renforcée (ça, ça commence a devenir ma marque de fabrique) et un ami a lui est venu avec son tracteur équipé d'un chargeur arrière a fourches...


Pour la charger...


Sur une remorque...


Elle a ensuite été livrée a mon domicile par le vendeur, depuis Maisongoutte.

C'est une locale de l'étape, fabriquée a coté de Strasbourg, proche d’être centenaire !

Et pourtant l'usine UTIS existe encore et fabrique toujours des machines a bois professionnelles. Suite a l'achat, j'ai contacté cette entreprise familiale pour en savoir un peu plus. J'ai reçu une copie de la brochure de présentation de l’époque.


Pour faire bref, j'ai été accueilli très chaleureusement par le patron actuel qui m'a fait visiter l'usine et aussi bien renseigné.

Il m'a indiqué ou trouver le numéro de série : frappé dans la table...


Eh oui, une des toute premières de la gamme, elle porte le numéro 23, ce qui lui donne une date de naissance : le 24 Juillet 1931.

Malheureusement pour moi les pièces détachées ne sont plus disponibles. Elles l’étaient encore il n'y a pas si longtemps que cela, avant un incendie dans le local de stockage ou elles étaient entreposées, il y a une dizaine d’années. Tout est parti au ferrailleur, ouch...

En plus de son esthétique travaillée


Elle a des dimensions tout a fait honorables :


Longueur : 2m20, largeur : 41 cm

Sa technologie est avancée pour l’époque


Arbre rond (diamètre 95 mm) a coins de serrage centrifuge, monté sur roulements à rotules à double rangée de billes, pouvant supporter une vitesse de 5000 tours / minute.


Tables montées sur un système a parallélogrammes pour leur réglage en hauteur.

Une pierre, probablement pour un système d’affûtage des fers, est montée en bout d'arbre.


J'ai commencé a m'attaquer a la rouille des tables, avec WD40 + scotch brite.


Sans oublier l'huile de coude qui va avec, bien sur...


Pour la motorisation, il va falloir faire avec les modifications déjà effectuées par le précédent propriétaire. La poulie pour courroie plate a été tournée pour lui faire des gorges en "V" pour courroies modernes.



Voila, c'est une machine qui devrait pouvoir encore fonctionner pendant de longues décennies. Robuste et performante.

jeudi 11 décembre 2014

Le bras long

J’étais en train de monter une étagère - meccano, avec des trucs comme ça :


Quand soudain survint le besoin d'avoir le bras long, pour boulonner une pièce de contre plaqué sur la structure métallique. Les miens (de bras) le sont pas mal (longs), mais là ça ne suffisait quand même pas pour tenir la clé afin de serrer un boulon placé très (trop) loin...

Alors faut ruser, rallonger le manche de ladite clé, par exemple...


Une longue chute d'OSB, un coup de scotch, et hop...

En équilibre, avec un petit contre-poids pour la faire tenir en place :


Ça marche, y a plus qu'a serrer l’écrou de l'autre coté. Système D powa !

mercredi 26 novembre 2014

Un bon guide

Pour visiter la banlieue Sud de Lyon...

On m'a posé une question sur un forum US, a propos de la hauteur sous le guide de ma scie ruban Pierre Bénite... Et comme je ne l'avais jamais mesuré, il a fallu aller le faire. Après un peu d'archéologie, j'ai un bon 40 cm :


C’était l'occasion de voir d'un peu plus près ce guide lame, qui a l'air d'excellente qualité. Je crois me souvenir que le précédent propriétaire en avait parlé en bien. Je pense que ce n'est pas l'original, qui devait plus ressembler a celui de dessous la table :


Deux simples blocs de chêne serrés dans une pièce de fonderie assez péchue.


Il paraît que c'est très efficace et tout aussi fonctionnel que les gadgetobouzins modernes qui coûtent un bras, sont en alliage de merdonium plaqué nickel-chrome pour faire beau, et bien entendu, la fragilité fait partie des caractéristiques recherchées par les ingénieurs-designers-marketeurs. Oui, je suis un peu aigri, là, pasque je viens de casser la même pièce sur ma petite scie ruban inca. Une jolie petite pièce d'horlogerie suisse : fragile...

Le guide haut, dans son jus d'crasse :


C'est du bon, du gros, du lourd, du qui bronche pas, bref du qui sait se faire respecter par une lame capricieuse.


Un gros plan sur la marque, que j'ai du mal a déchiffrer...


Si quelqu'un connaît...

Édité le 15 Juin 2017: Le fabricant de ce guide est Avodec (pour Atelier Vosgien de Décolletage), société alors sise à Thal-Marmoutier. Voir l'historique ici.

dimanche 23 novembre 2014

Une ponceuse qui bande

Lors du retour d'un déplacement parisien, je me suis arrêté pour voir une ponceuse stationnaire qui pouvait m'intéresser, le prix étant tout a fait honnête malgré l'allure faite-maison.

J'ai été immédiatement surpris par la taille imposante de la machine, alors qu'en regardant de plus près l'annonce, j'aurais dû m'en douter.


Je n'avais alors pas la place pour la prendre, ou alors cela aurait été très serré dans la camionnette (qui contenait déjà une bonne dose de vieille fonte, mais ça c'est une autre histoire...), et après 5h de route, je ne me sentais pas de la charger. J'ai donc convenu avec le propriétaire de revenir a Diemringen un autre jour. Ce qui fût fait rapidement, puisque 2 jours plus tard elle était dans mon garage.

La table a été démontée pour le transport, on la voit en fond, ou ici en gros plan :


De fabrication artisanale, en résineux (~4 cm d’épaisseur)


Un moteur Siemens-Schuckert (un de plus...) de 3.5 cv, triphasé fait tourner la bande grâce a un coupleur.


Le bâti en fonte semble récupéré d'une autre machine, peut être une fraiseuse ou une mortaiseuse lourde.


Mais pas possible d'en savoir plus, la plaque signalétique a été enlevée, on en voit la trace... Si la forme de ce bâti vous dit quelque chose je serais curieux d'en savoir plus. Faites-moi signe, merci.


Les rouleaux sont fixés solidement et l'un d'eux est réglable pour que la bande reste bien en place lors du fonctionnement.


La base de cette machine a quasiment la taille d'une demi-palette, et pèse un bon poids. Une fois posée, elle ne va pas aller se balader toute seule dans l'atelier.


J'ai reçu avec, six bandes de grain 80, (20 cm x 2 m) de marque Awuko, partiellement utilisées, il va me falloir trouver du grain plus fin, parce-qu’avec celui-la, ça doit arracher grave, et cela serait dommage de ne pas se servir de cette bête de course pour faire du ponçage de finition...


Le rouleau réglable fait ~10 cm de diamètre...


Celui d’entraînement fait 14 cm, on voit un graisseur...


La table se fixe sur ce pied réglable en hauteur


Grâce a ce vieux cric Fiat de récupération.


Un mécanisme simple mais efficace, faudra que je vérifie bien la perpendicularité de la table avec la bande abrasive.

J'ai juste a rebrancher l'interrupteur de démarrage moteur, qui a souffert au déchargement pour transformer n'importe quel bois en poussière.

Faudra que j’évite d'y mettre les doigts aussi...

Édité le 13 Décembre 2014 :  En farfouillant sur leboncoin, toujours a l’affût d'une bonne vieille machine, je suis tombé sur une annonce qui montrait une ponceuse très ressemblante.


Mais elle est montée a plat sur un bâti en bois.



Et celle la, a sa carte d’identité ! Je m'empresse alors de demander au vendeur s'il peut m'envoyer une photo de cette plaque signalétique, qui manque sur la mienne.


Ce n'est peut être qu'une marque de revendeur de machine plutôt que de fabricant, mais c'est déjà mieux que rien...

samedi 18 octobre 2014

Flying pretzels

Pour l'occasion du festival Charivari dans mon coin, organisé par l'Esat Evasion, j'ai confectionné quelques présentoirs a bretzels.

Comme j'ai maintenant pas mal de bois local, ce choix s'est imposé de lui-même. A base de chêne de la vallée de Villé récolté il y a quelques années et de cerisier de Scherwiller de cet été (peut être pas complètement sec, on verra bien).


J'ai malheureusement pris assez peu de photos pendant la réalisation.

Après quelques coupes avec la petite scie ruban et un peu de ponçage a la ponceuse a bande montée en stationnaire (dans l’étau), j'en suis arrivé a ce genre de choses :


Une belle mise en avant des cernes annuels du bois


Bref, une jolie pièce de bois brut qui ferait un bon socle. Enfin c'est ce que je croyais...

Un autre morceau qui va faire office de support...


Les socles ont ici reçu leur première couche d'huile de lin et sèchent un peu


Un troisième modèle, de conception différente malgré l'utilisation des mêmes matériaux: un socle en chêne, un montant en cerisier (visiblement collé a la polyuréthane pour son effet bouche-trou)...


On voit ici l'apparition d'un matériau nouveau venu dans mes créations : le métal. J'avais dans mes fouffes, un barreau en inox, matière de cuisine par excellence. Coupé en petits bouts puis passé sur la ponceuse fixe pour lui donner une texture mi-mate mi-brillante et aussi en arrondir les extrémités.

Le résultat me plaît...


Les petits bouts de chêne coupes en coins ont été ajoutés après m’être rendu compte que les précieux bretzels risqueraient de tomber en arrière sur la tige. Ils servent de garde-fous et ajoutent une touche de géométrie qui contraste avec le bois naturel du socle.

Faits a partir de simples chutes coupes a la ruban, puis mise en forme finale par ponçage.


 Imprégnés par trempage dans l'huile de lin, en train de sécher...


Le socle, en gros-plan :


Ce morceau est issu d'une fourche entre deux branches, et la partie centrale a encore son écorce...


Le grain du bois est souvent assez tourmenté dans ces zones, ce qui les rend intéressantes.

Le deuxième modèle, a double barres de portage pour une plus grande capacité en bretzels. Problème rencontré : j'avais mal évalué le centre de gravité avec de la bouffe suspendue, et j'ai du lui rajouter la plaque en bas pour le stabiliser par augmentation de la surface du polygone de sustentation...


Sous toutes les coutures....


Toujours les pièces triangulaires pour empêcher les bretzels de tomber, et le magnifique grain du cerisier élevé en biodynamie...

Et celui par lequel j'avais commencé ma quête spirituelle, est finalement le dernier né de la famille. Sa construction est inversée par rapport a ses frères et sœurs, mais il a le même patrimoine génétique...


la plaque qui tient les tiges en inox est maintenue collée en place par deux petits bouts de tourillons pour renforcer la structure, mais aussi rappeler visuellement les bouts des tiges traversantes...


Les tiges ne sont pas alignées car la symétrie parfaite n'est pas recherchée sur ces créations, cela donne plus facilement l'impression d'artisanat sans gâcher l’esthétique.

Une petite photo de la famille au complet


Voila, c’était bien fun de faire ces trucs, et la prochaine étape sera de les mettre en situation réelle sur le bistro charivaresque...

Affaire a suivre, donc...